Rencontre avec Mr le député Ludovic Mendes

DIVIE a rencontré Ludovic Mendes, député (LAREM) de Moselle, membre de la Mission d’information sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis, et rapporteur sur le volet bien-être (CBD). Il a accepté de répondre à nos questions.

Il y a un peu plus d’un an, l’Assemblée Nationale a lancé une Mission d’information sur la règlementation et l’impact des différents usages du cannabis, présidé par Mr Le Député Robin Réda.
Vous êtes membre de cette commission et le rapporteur sur le volet bien-être (CBD). Depuis le lancement de cette commission, vous avez auditionné les différents acteurs de la filière chanvre et bien-être. Si vous deviez expliquer ce qu’est le Cannabidiol (CBD), ses vertus et son potentiel pour les agriculteurs, pour les consommateurs, comment le présenteriez-vous ?

Suite aux différentes auditions de la Mission d’information commune sur la réglementation et impact des différents usages du cannabis, je définis le CBD comme un produit non létal pour l’homme et qui pourrait permettre à certaines personnes, de trouver une alternative aux produits pharmaceutiques. Le produit possède également des vertus pour favoriser l’endormissement et la relaxation. C’est un parfait anti-stress ! Le produit est développé en marché libre et est fortement consommé au sein de l’Union européenne. Il n’est pas transformé sur le territoire national, car la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives interdit la consommation et la production de la fleur de chanvre. La France, étant le premier producteur européen et troisième mondial de chanvre, le développement du marché permettrait d’apporter des ressources supplémentaires aux agriculteurs via ce nouveau marché. Concrètement, cela signifie des nouveaux emplois sur notre territoire. La diversité des produits finis, sous forme d’huile, de thé, de crème, ou bien de compléments alimentaires démontrent la facilité d’utilisation du produit et qui offre de multiples opportunités.

Le 19 novembre dernier, la Cour de Justice de l’Union Européenne a déclaré que la France ne pouvait s’opposer à la circulation du CBD lorsqu’elle est, je cite, :
« Légalement produit dans un autre État membre de l’Union européenne et lorsqu’il est extrait de la plante de Cannabis sativa dans son intégralité ». En quoi cette décision est importante pour la filière française ?

C’est une remise en question de l’arrêté du 22 février 1990 qui classe le chanvre et sa résine comme des stupéfiants. Ce texte ne fait aucune distinction entre les variétés de cette plante, ses différentes parties, le sexe des plants ou leur teneur en THC. Cette décision souligne la préparation de certains pays européens, qui sont déjà prêts à la commercialisation du produit, contrairement à la filière française alors que notre pays est réputé pour la qualité de son savoir- faire. La décision de la cour de justice de l’union européenne va obliger la France à modifier ses textes concernant le CBD et donc l’exploitation de la fleur de chanvre. Le changement de paradigme juridique devrait s’effectuer rapidement puisque la modification ne porte pas sur un texte législatif. Je rendrai mon rapport d’étape mi-janvier, qui porte uniquement sur le marché du CBD, ses freins, ses problématiques et son avenir.

Quand pensez-vous que le CBD sera enfin totalement encadré en France ?

A titre personnel, j’espère qu’avant la fin de l’année 2021, une solution sera trouvée pour garantir la qualité des produits d’origine française et en même temps, permettre le développement d’une filière à valeur ajoutée.

La Mission publie prochainement un rapport préconisant un encadrement de l’utilisation de la fleur. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos propositions ?

Je suis clairement en faveur d’un encadrement du marché, pour des raisons de santé publique et pour que l’on puisse prendre un considération, le taux de CBD présent dans les produits.
Faute d’encadrement, on trouve aujourd’hui, sur le marché français, de nombreux produits contenant du Cannabidiol (CBD) sans aucun contrôle tant en termes de traçabilité que de qualité.

Dernière question, pouvez-vous nous dire si vous avez déjà consommé du CBD, et si oui, quels ont été les bienfaits constatés ?

Oui, dans différents cadres, j’ai pu essayer le CBD, notamment pendant des auditions lors de la Mission. L’impact est unique à chaque personne et bien entendu cela dépend de l’utilisation et le but recherché. Je précise que le produit ne possède pas de psychotrope et quand, j’en ai consommé, j’ai remarqué un effet apaisant.

Merci Mr Le Député.